dimanche 20 janvier 2013

Effondrement, cumulo-décalaire... Quelles décisions ?

Je dois reconnaître que je suis confronté à un effondrement de ce que je fais. Il y a d'abord eu le typhon avec un arbre tombant sur mes plants de tomates et l'effondrement de la clôture du jardin du baranguay -le transformant en jardin ouvert-, pépinière pour mes plants, le tout associé à une inondation de mes tout premiers plants semés en août. Puis, un mois après, a suivi deux inondations coup sur coup.
J'étais monté en puissance, avais en position de produire 150 plants et 260 en attente en pépinière.
Me reste... la moitié ? Les 14 plants dans le sable sur un lieu clôturé se portent à merveille tandis que ce qui avait été installé sur une friche est détruit. La partie est des deux lignes de 50 pieds chacune semble vouloir prospérer ce qui contraste singulièrement avec la partie ouest quasi complètement anéantie. Le bel ordre que j'avais dans la pépinière s'est envolé tout comme une partie de mes plants (vol).

J'avais un comptage et ne sais plus vraiment où j'en suis.

Ce dernier constat me rappel la notion de décalaire mise en place par Jacques Ravatin : tu comptes d'un point donné les traverses d'un rail de chemin de fer et, à un certain moment, tu ne peux plus compter, tu perd pied. Cette perte de repère, Jacques Ravatin l'a qualifiée de décalaire. Il considère que Maurice Clavel avait vécu une expérience de ce type, celle-ci mentionnée dans son "Ce que je crois". J'ai lu alors en terminale ce bouquin et ensuite, tout nouvel élève-ingénieur, rue du Bourg-la-Croix à Angers, j'ai fait une expérience personnelle qui m'a complètement bouleversé.

Revenons à notre rail... Ensuite, après comme avoir perdu pied, si tu te re-concentre, tu peux à nouveau continuer à compter, puis nouvel perte... Et ainsi de suite et cette notion alors de cumulo-décalaire.

On peut penser à la marche humaine où successivement chacun des pieds perd pied, ce qui permet la marche.

Donc là j'ai le choix de restaurer tout ce qui a été détruit : réinstaller des plants sur la friche et sur la partie ouest de mes deux lignes... Mais cela me rappel le surplace que j'ai fait initialement, remplaçant sans relâche les plants que les crabes me détruisaient. C'était le tout début. Il n'y avait pas beaucoup de plant en jeu, mais si je regarde le devenir de ceux qui ont finalement été transférés, eh bien, un arbre leur est tombé dessus. J'ai pu les récupérer, mais la plupart des tomates qu'ils ont produit ont été volées. Il ne me reste que l'expérience (le transfert de plant adulte est possible, bien traiter les boutons permet d'avoir de nombreuses tomates). Pas vraiment payant donc le fait d'avoir persisté, d'avoir insisté là où c'était détruit. Le seul avantage est que pour cela au moins, je faisais germer... Et donc de nouveaux plants ayant pu être mis plus tôt dans le jardin du baranguay lorsque cette opportunité s'est ouverte.

En quête d'une nouvelle opportunité d'implantation ? Mais où ? En attendant, insister sur ce qui a réussi (traitement, fertilisation bien que je n'aime pas ce terme) et tenter de sauver ce qui peut être sauvé (mes plants d'origine France).

Remettre en route un comptage, une visualisation précise de ce qui est implanté et qui marche... avec les nouveaux plants que j'ai pu leur mettre aux pieds en attendant mieux... Remettre des graines à germer...

En d'autres termes, chercher à remettre une nouvelle pression en route (à réfléchir d'autant plus que dans ma vie propre, il y a aussi effondrement : ainsi je suis sans passeport, les autorités l'ont gardé le temps de l'examiner à Manille pour un prolongement de mon séjour ici) ?


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